Tiens, tiens ! Ça vient encore d'où cette affirmation ? Va-t-elle en guerre contre celle-là, la plus universelle qui proclame orbi et urbi que «chaque peuple n'a que le chef qu'il mérite» ?

 

Soit les congolais ne sont pas un peuple et on s'incline, soit ils le sont et alors là...

 

En effet, on reste droit dans les bottes et les yeux dans les yeux pour se dire certaines vérités. Mais en attendant la mienne, et au vu des soixante dernières années de notre histoire, ce n'est pas ce Fatshi là qu'il fallait au peuple congolais.

 

En effet,

  1. de 1960-1965, le peuple congolais est sorti de son confinement communautaire pour faire de la politique. Mais dès le lendemain de son indépendance, ce peuple s'est fait la guerre et a vu la paix disparaître. Un tel peuple ne mérite pas n'importe quel chef.

  2. de 1965-1997, ce peuple s'est vu confisqué progressivement sa liberté de pensée et d'expression et il a fait tomber son pain de sa bouche au nom de la paix, comme dans la fable du Corbeau et le renard de La Fontaine. Un tel peuple ne mérite pas n'importe quel chef.

  3. de 1997-2001, ce peuple a pactisé avec des tueurs sans pitié en bottes des jardiniers. Un tel peuple ne mérite pas n'importe quel chef.

  4. de 2001-2019, ce peuple a vu tous les briscards mobutistes, lumumbistes retors, retro-révolutionnaires et délinquants politiques que compte la RDC s'allier aux kabilistes pour piller les caisses de l’État, détourner les deniers publics, spolier leurs concitoyens, institutionnaliser la corruption, livrer leurs filles à la débauche et au proxénétisme, tuer et abrutir la jeunesse, introduire la culture de flatterie (mabanga), de mensonge, d'affabulation, de traîtrise, de poison, de sciences occultes et de moindre effort (chance eloko pamba), clochardiser et maintenir son peuple dans l'ignorance avec la musique et la religion pour bien le contrôler, diaboliser les vrais fils du pays et déifier les médiocres, valoriser toutes les anti-valeurs. Un tel peuple ne mérite pas n'importe quel chef.

 

Bref, un peuple qui a sacrifié deux générations et douze législatures de vie politique, soit soixante ans de l'histoire de son pays et qui a tout perdu (paix, pain, dignité, honneur, bonheur, espoir, conscience, sens de responsabilité, valeurs, us et coutumes, repères...) ne mérite pas un chef trop épris de justice, de paix et de liberté, un chef trop sociable, humain, fédérateur, patriote, démocrate, honnête, partageur, pacifique, tolérant, patient et correct.

 

Nous pensons très sérieusement à ce chef une bonne poigne et un gant de velours. Ce chef doit être juste, démocrate et tolérant tout en étant imperturbable ; c'est-à-dire qu'il lui faut une bonne dose de sévérité, car la démocratie n'est pas un luxe, c'est plutôt une exigence et une responsabilité. C'est aussi des objectifs collectifs à atteindre, malgré l'inconscience, l'immoralité, l'irresponsabilité et la méchanceté de beaucoup de congolais. C'est pour cela que Fatshi est appelé à manier une carotte et cinq bâtons devant son peuple. Sinon, 2018-2023 ne sera pas meilleur que 2001-2018, du moins dans les attentes et les objectifs poursuivis.

 

Mudimuiji Musompueshi wa mu Kongo

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