Félix, oyebela Papa alobaki, "le Peuple d'abord"

Makambo mitanu eboma Kinshasa : ya liboso likambo ya Bosoto (Immondices), ya mibale likambo ya Makelele (Tapage), ya misato likambo ya Embouteillage, ya mine likambo ya Maayi (eau), ya mitanu likambo ya Lotiliki (courant électrique).

1. Les immondices

Je ne croyais pas si bien dire quand dans ma livraison du 21/12/2019 j'ai dit que "Fatshi aura beau construire et bétonner les routes et ériger des ponts, dos d'âne et sauts de moutons, mais tant que les immondices et autres nids-de-poules traîneront sur la (sa) route, les bouchons et les embouteillages freineront toujours sa marche".

Trois mois après le lancement de "l'opération Kinshasa (Congo) bopeto", fait en grande pompe un certain 19/10/2019, Kinshasa continue à bien entretenir ses immondices malodorantes. Les dernières pluies diluviennes n'ont rien fait pour apporter le beau temps. Au contraire, elles ont ramené à la surface, les eaux des fosses sceptiques et aussi les ordures et les plastiques que les kinois jetaient dans des caniveaux, des ravins et dans le bois et brousse.

Détrompez-vous, l'entretien de l'espace entre le boulevard Lumumba et le petit boulevard au niveau de la 14è, 15è et 16è rue côté industriel et les autres travaux de nettoyage autour de la 7è rue, l'échangeur, le boulevard du 30 juin...ne sont que du tape-à-l’œil pour justifier l'argent qu'on dit payer aux services de nettoyage et autres "Ongds", qui ne sont en réalité que leurs porte-monnaies. Ça c'est du "retro-commission".

Comment peut-on s'attendre au «bopeto» quand par exemple les espaces déjà aménagés au niveau de la 17è rue industrielle et entre la 8è et la 10è rue côté résidentiel tiennent déjà lieu d'asile des fous et des toilettes ?

Qui a eu cette "idée d'immondices" de salir Fatshi en l'invitant à ce fameux lancement de l'opération Kinshasa (Congo) bopeto, ce tape-à-l'oeil du gentil Gentiny Ngobila ?

2. Le tapage

Si hier, le tapage dont on se plaignait provenait de la musique et du village Molokaî et ses environs (quartier Matonge), aujourd'hui il s'est installé non seulement au sein des Églises dites de réveil, mais aussi au milieu du village (Kinshasa). Et mon voisin qui connaît tout de Kinshasa de dire qu' "à Kinshasa, il n'y a pas une seule avenue sans église".

Dans ce contexte concurrentiel où tout "Oint de Dieu" se démène comme un diable dans un bénitier pour "gagner des âmes donneuses des offrandes", il s'oblige, comme tout congolais qui se respecte, de crier haut et fort, de répéter et de marteler sur des mots et des paroles pour faire passer son message.

Crier pour que leurs ouailles fassent des offrandes ou adorer Dieu en parlant haut et fort comme s'ils s'adressaient à un Dieu malentendant ou parler en langues imprononçables, inintelligibles et inconnues de tous, ça leur regarde; mais que leurs sermons tapageurs fassent des incursions dans toutes les maisons environnantes, ça devient un problème de santé publique pour laquelle l'État doit impérativement intervenir pour ne pas être traité d’absentéiste ou de non-assistance à la personne du gouverné en danger.

3. Les embouteillages

Pris dans des bouchons (d'une à trois heures) presque tous les jours sur l'avenue by pass, entre la station-service de Lemba/Salongo et le rond-point Ngaba, un jour j'ai longé ce tronçon-là à pieds pour voir ce qui s'y passe. Heureka ! C'est juste un problème d'absence de l’État et de l'inconscience du peuple comme je l'ai dit dans mon dernier article et pas plus. Et les causes sont : - l'étroitesse de la chaussée, - les véhicules de transport en commun (ces amas de ferrailles) toujours en panne et jamais évacués à temps, - le non-respect du code de la route de la part des chauffeurs (qui n'ont jamais été à l'auto-école), - le fait de laisser les camions-remorques circuler en ville pendant la journée et aux heures de grand trafic routier.

4 "Tozangi Maayi, solo; tozangi Lotiliki, solo...likolo ya ba nyangalakata oyo...", a chanté l'artiste musicien Wendo.

- Maayi (l'eau)

Ceci n'est pas un "lisapo", mais une réalité, la plus triste de 2019 : le manque d'eau potable sur la capitale de la révolution de la modernité. À Righini par exemple, j'ai vu, en 2019, l'eau couler du robinet 4 fois et tard la nuit. Donc une fois tous les trois mois. Les restes des jours, les pauvres righiniens se désaltèrent d'eau de pluie et des forages. Et comme pour se moquer des gens, l'autorité en charge de l'énergie et la Regideso nous disent que "l'eau c'est la vie"

- Lotiliki (le courant électrique)

À Righini comme ailleurs, le courant électrique est une denrée très rare. On ne parle plus de délestage, plutôt de "jeu de lumière". Mais un jeu où la lumière ne vaut qu'un 1/1000000è d'obscurité par jour.

On aurait bien voulu ne pas fouiner dans le passé, mais c'est sans compter avec cette indiscrète d'obscurité. Celle qui, depuis la nuit de temps, voyage dans le passé pour nous ramener toutes les affaires obscures, notamment, - la disparition de plus de 32 millions de dollars payés par Congo-Brazza sur sa dette de la Snel, - le détournement des fonds et du matériel alloués à l'entreprise Snel.

"Tozangi maayi, solo, tozangi lotiliki, solo...likolo ya ba nyangalakata oyo", dixit Wendo.

Oui, les vrais nyangalakata, nous venons de les voir. Mais s'ils existent jusqu'à présent, c'est aussi à cause d'autres nyangalakata qui, pour un "beaufort", une "petite ya quartier" et un "ya mado" continuent à les applaudir et à les soutenir.

Dites à Fatshi que le peuple d’Étienne Tshisekedi dit que c'est sa carotte (cette démocratie lointaine et luxueuse) qui nourrit et maintient en vie ces habitudes (corruption, retro-commission, coop, détournement des deniers publics, spoliation, trafic d'influence, abus de pouvoir, viol, violences sexuelles...) vieilles de 50 ans. Et que s'il tient à leur déboulonnement pour que le mot d'ordre d'Etienne Tshisekedi - le peuple d'abord - s'accomplisse, il doit greffer la carotte au bâton. Sinon ce sont elles (les habitudes) qui, tel un rouleau compresseur, vont se dérouler sur le peuple d'abord et ensuite sur lui-même Fatshi.

Kâmona Kûmvua Kâmba, Richard Babadi

 

 

 

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